
Avec un revenu annuel de 80 000 $ CAD, acheter une propriété dans les 24 prochains mois peut être un projet envisageable. Mais ce revenu ne suffit pas à déterminer le prix accessible, le montant à épargner ou la capacité d’emprunt. Tout dépend notamment du revenu disponible après impôts, des dépenses du ménage, des dettes existantes et de l’épargne déjà accumulée.
Pour un couple, la difficulté consiste souvent à faire avancer plusieurs objectifs simultanément : rembourser les dettes, constituer une mise de fonds, conserver une réserve pour les imprévus et ne pas abandonner complètement l’épargne-retraite. Un plan financier utile transforme ces priorités concurrentes en décisions chiffrées.
La première étape consiste à préciser si les 80 000 $ représentent le revenu brut annuel d’une personne ou celui du ménage. Cette distinction influence le budget et l’analyse hypothécaire. Il faut ensuite définir le coût total de l’achat, au-delà de la seule mise de fonds, et vérifier combien le couple peut réellement mettre de côté chaque mois sans avoir à emprunter pour payer ses dépenses courantes.
Planifier un achat immobilier en 24 mois : l’essentiel
- Calculez l’épargne nette réellement consacrée à l’achat, après prise en compte des nouvelles dettes et des dépenses à venir.
- Priorisez les dettes coûteuses et une réserve de sécurité avant d’accélérer l’épargne immobilière.
- Comparez CELI, REER et CELIAPP selon votre admissibilité, puis vérifiez régulièrement votre trajectoire et votre dossier hypothécaire.
- Pourquoi vous épargnez chaque mois sans que votre situation n’avance vraiment après 12 mois ?
- Comment répartir 1 000 $CAD par mois entre dettes, CELI, REER et fonds d’urgence sans regret ?
- REER ou CELI : lequel choisir quand vous comptez acheter une propriété bientôt ?
- L’erreur de planification qui vous force à puiser dans votre marge de crédit à 12 %
- À quelle fréquence revoir votre plan financier pour corriger le tir avant que ça dérape ?
- Pourquoi la banque dit non alors que votre cote de crédit est « bonne » mais votre dossier est instable ?
- Comment suivre votre plafond CELI quand vous avez 2 comptes et des retraits dans l’année ?
- Combien cotiser à votre REER pour économiser 1 500 $CAD d’impôt sans manquer de liquidités ?
Pourquoi vous épargnez chaque mois sans que votre situation n’avance vraiment après 12 mois ?
Vous pouvez épargner chaque mois et rester loin de votre objectif immobilier si les sommes accumulées ne correspondent pas au montant nécessaire pour acheter. Une épargne régulière représente un progrès, mais elle ne garantit pas que votre mise de fonds sera prête dans 24 mois. Il faut mesurer votre progression nette, et non seulement vos virements.
Imaginez un couple qui vise une mise de fonds de 30 000 $ CAD et part de zéro. Il verse 800 $ par mois dans différents comptes. Après douze mois, ses versements totalisent 9 600 $, avant intérêts éventuels, frais et retraits. Même si aucun dollar n’a été perdu, il n’a financé que 32 % de sa cible. Son rythme actuel ne suffira pas à atteindre 30 000 $ en deux ans sans apport supplémentaire.
Cette distinction évite de confondre discipline d’épargne et progression suffisante. Les comptes bancaires affichent des soldes; votre plan doit montrer l’écart restant jusqu’à l’objectif.
La dispersion complique également la lecture. Une partie de l’argent reste dans le compte chèques, une autre est placée dans un CELI et une troisième s’accumule dans un compte d’épargne. Sans attribution explicite, il devient difficile de savoir quelles sommes sont destinées à l’achat, aux dépenses annuelles ou aux urgences.
Un autre problème apparaît lorsque les virements automatiques dépassent le véritable surplus budgétaire. Épargner 1 000 $ par mois tout en empruntant régulièrement 300 $ pour payer les dépenses courantes ne produit pas 1 000 $ de progrès financier net.
Exemple hypothétique : mesurer la progression nette
Objectif de mise de fonds : 30 000 $. Épargne accumulée en douze mois : 12 000 $. Nouvelles dettes contractées sur la même période : 3 000 $.
Progression nette simplifiée : 12 000 $ − 3 000 $ = 9 000 $. Vitesse réelle vers l’objectif : 9 000 $ ÷ 30 000 $ = 30 % par an. À rythme constant, cette progression ne permettrait pas d’atteindre la cible en 24 mois.
Cet indicateur pédagogique suppose que les nouvelles dettes diminuent effectivement les ressources disponibles. Il ne remplace pas un bilan patrimonial complet et doit être ajusté si une dette finance un actif conservant une valeur.
Le bon réflexe consiste à suivre trois chiffres : l’épargne réservée à l’achat, l’évolution des dettes et l’écart restant. L’Agence de la consommation en matière financière du Canada recommande d’intégrer les objectifs au budget et de comparer chaque mois les dépenses réelles aux prévisions.
Une fois votre rythme réel connu, la prochaine décision consiste à répartir le surplus mensuel entre désendettement, sécurité financière et préparation de l’achat.
Comment répartir 1 000 $CAD par mois entre dettes, CELI, REER et fonds d’urgence sans regret ?
Avec 1 000 $ CAD disponibles chaque mois, commencez généralement par les dettes coûteuses et une réserve de sécurité adaptée, puis dirigez progressivement davantage d’argent vers la mise de fonds. Il n’existe pas de pourcentage universel : la bonne répartition dépend des taux d’intérêt, de vos soldes, de votre stabilité financière et de la date d’achat.
Le premier arbitrage concerne le coût de vos dettes. Rembourser une dette portant intérêt à un taux élevé évite des intérêts futurs déterminés par le contrat. À l’inverse, le rendement d’un placement n’est pas garanti, et un placement qui fluctue peut être mal adapté à une dépense prévue dans moins de deux ans.
Les dettes à taux élevé, notamment certaines cartes de crédit et marges personnelles, méritent donc une attention prioritaire. Un prêt auto ou étudiant à taux plus faible peut parfois continuer selon son échéancier normal, mais ses mensualités devront tout de même entrer dans le calcul de votre capacité hypothécaire.
Le deuxième arbitrage concerne le fonds d’urgence. L’Agence de la consommation en matière financière du Canada propose comme repère général une réserve couvrant de trois à six mois de dépenses habituelles. Pour un couple qui débute, ce montant peut être construit progressivement. Il ne faut pas confondre cette réserve avec les sommes réservées au notaire, au déménagement ou à la mise de fonds.
Une méthode par paliers permet d’ajuster votre effort sans imposer la même ventilation pendant 24 mois.
| Destination | Phase de stabilisation | Phase de préparation à l’achat |
|---|---|---|
| Remboursement supplémentaire des dettes coûteuses | 500 $ | 0 $ |
| Fonds d’urgence | 350 $ | 150 $ |
| Épargne pour l’achat | 150 $ | 850 $ |
| Total mensuel | 1 000 $ | 1 000 $ |
Ces montants illustrent une méthode, pas une recommandation individualisée. La deuxième phase suppose que les dettes coûteuses ont été remboursées et que la réserve de sécurité est suffisamment avancée. L’épargne destinée à l’achat peut être répartie entre les comptes fiscalement appropriés, sans supposer que le CELI ou le REER convient automatiquement.
Si votre employeur offre une cotisation de contrepartie à un régime de retraite, évaluez cet avantage avant de suspendre vos cotisations. Les sommes bloquées ou peu liquides ne doivent toutefois pas être comptées comme une mise de fonds immédiatement disponible.
Tous les trois mois, revoyez votre ventilation : une dette soldée libère un montant; un fonds d’urgence suffisant permet de rediriger les nouvelles économies; un achat devenu plus proche appelle davantage de prudence sur la liquidité.
Une fois les dettes et la réserve prises en compte, le choix entre les comptes enregistrés devient pertinent : leur fiscalité et leurs conditions de retrait peuvent changer la somme réellement disponible à l’achat.
REER ou CELI : lequel choisir quand vous comptez acheter une propriété bientôt ?
Pour un achat prévu dans 24 mois, le CELI offre généralement davantage de souplesse de retrait, tandis que le REER peut procurer une déduction fiscale et donner accès au Régime d’accession à la propriété (RAP). Le choix dépend notamment du revenu imposable, des droits disponibles, de l’admissibilité aux programmes et du besoin de liquidités après l’achat.
Le CELI permet normalement de retirer des sommes sans impôt sur le retrait et sans obligation de les rembourser. Le REER fonctionne autrement : les cotisations admissibles peuvent réduire le revenu imposable, mais les retraits ordinaires sont généralement imposables. Le RAP constitue une exception encadrée destinée à l’acquisition ou à la construction d’une habitation admissible.
Selon la présentation officielle du Régime d’accession à la propriété par l’ARC, le plafond de retrait est de 60 000 $ CAD par participant admissible. La période de remboursement est de quinze ans. Pour les premiers retraits réalisés entre le 1er janvier 2026 et le 31 décembre 2028, une mesure temporaire reporte le début des remboursements obligatoires à la cinquième année suivant celle du premier retrait.
60 000 $ CAD
Plafond de retrait du RAP par participant admissible, selon les règles présentées par l’Agence du revenu du Canada. Ce montant n’est pas une subvention et suppose de disposer des sommes nécessaires dans un REER admissible.
Agence du revenu du Canada, Régime d’accession à la propriété.
Le RAP a une conséquence importante : les remboursements annuels requis doivent être planifiés après l’achat. Une portion obligatoire non remboursée est généralement incluse dans le revenu imposable de l’année concernée. Contrairement à un retrait de CELI, le remboursement au RAP ne crée pas de nouveaux droits REER.
Avant de choisir, il faut aussi examiner le compte d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété (CELIAPP). Pour les personnes admissibles, ce régime combine des caractéristiques fiscales avantageuses des cotisations et des retraits admissibles. Le RAP et le CELIAPP peuvent même être utilisés pour une même habitation lorsque toutes leurs conditions respectives sont satisfaites.
Le CELIAPP mérite donc d’entrer dans l’analyse avant un arbitrage définitif entre REER et CELI. Son intérêt dépend des droits de participation, de l’admissibilité à titre d’acheteur d’une première habitation et des règles applicables au retrait.
Pour comparer les possibilités, retenez notamment les critères suivants.
| Critère | CELI | REER avec RAP |
|---|---|---|
| Avantage fiscal à la cotisation | Aucune déduction | Déduction possible selon les droits et la situation fiscale |
| Retrait pour l’achat | Normalement non imposable | Non imposable immédiatement si les conditions du RAP sont respectées |
| Remboursement obligatoire | Non | Oui, selon l’échéancier applicable |
| Droits après retrait | Reconstitution l’année civile suivante | Le retrait RAP ne rétablit pas les droits REER |
| Principal compromis | Aucune déduction fiscale sur la cotisation | Engagement de remboursement futur |
Si le revenu imposable est relativement élevé et que les droits REER sont disponibles, la déduction peut améliorer la capacité d’épargne. Mais une économie d’impôt future ne règle pas forcément un besoin de liquidités immédiat. De plus, les placements qui devront être liquidés à court terme devraient être choisis en fonction de leur risque, de leur disponibilité et de leurs frais.
La comparaison finale doit porter sur le montant net accessible à la date de l’achat, les conséquences fiscales et les obligations après la transaction, idéalement à partir des règles de l’ARC et d’une simulation adaptée à la province concernée.
Un compte fiscalement avantageux n’empêche toutefois pas les problèmes de trésorerie. Si les dépenses annuelles sont oubliées, vous pourriez devoir emprunter malgré une épargne bien organisée.
L’erreur de planification qui vous force à puiser dans votre marge de crédit à 12 %
L’erreur consiste à traiter les dépenses irrégulières mais prévisibles comme des urgences. Les assurances annuelles, les réparations automobiles, les cadeaux et certaines dépenses saisonnières doivent être provisionnés chaque mois. Sinon, vous risquez de financer ces factures par une marge de crédit, même si votre épargne immobilière progresse régulièrement.
Une dépense prévisible n’est pas nécessairement mensuelle. C’est précisément ce qui la rend facile à oublier. Le budget paraît équilibré pendant plusieurs mois, puis une facture importante oblige le couple à prélever sur son épargne ou à emprunter.
La méthode des provisions consiste à additionner les dépenses non mensuelles attendues sur douze mois, puis à répartir leur financement entre les mois. Par exemple, si les factures annuelles identifiées totalisent hypothétiquement 3 600 $, le couple doit réserver 300 $ par mois en plus des dépenses courantes.
Ce montant n’est pas une dépense supplémentaire : il représente une dépense déjà anticipée, financée à l’avance. Il faut donc le soustraire du surplus disponible avant de déterminer l’épargne réellement soutenable.
Considérez un autre scénario purement pédagogique : un solde de 3 000 $ sur une marge portant un taux annuel de 12 %. Si ce solde demeure constant pendant une année, les intérêts simples correspondraient à environ 360 $, avant de tenir compte des modalités réelles de calcul et des remboursements. Un remboursement rapide diminue cette charge; laisser le solde persister peut prolonger le coût.
Le problème dépasse les intérêts. Une marge utilisée ajoute un engagement financier dont le prêteur hypothécaire peut tenir compte. Son solde et son utilisation peuvent aussi influencer l’évaluation du crédit, même si les paiements minimaux sont effectués à temps.
Pour éviter ce cycle, séparez trois enveloppes : les factures régulières, les dépenses irrégulières prévues et les véritables imprévus. Le fonds d’urgence ne doit pas devenir un compte de paiement pour les dépenses annuelles connues.
Enfin, vérifiez le taux réellement applicable à votre marge. Les 12 % du titre illustrent un scénario : il ne s’agit ni d’un taux standard canadien ni d’une estimation du coût de votre propre crédit.
Cette réserve crée un budget plus stable. Encore faut-il contrôler régulièrement si les provisions, les dettes et l’épargne suivent le plan établi.
À quelle fréquence revoir votre plan financier pour corriger le tir avant que ça dérape ?
Pour un achat immobilier prévu dans 24 mois, un suivi mensuel du budget et une révision trimestrielle du plan constituent une méthode pratique. Le contrôle mensuel repère rapidement les écarts de dépenses ou de dettes; la revue trimestrielle vérifie si la mise de fonds progresse suffisamment. Tout changement important doit déclencher une révision sans attendre.
La fréquence doit correspondre à la nature de la décision. Examiner les transactions tous les jours n’est pas nécessaire pour beaucoup de ménages. À l’inverse, découvrir après un an que le rythme d’épargne est insuffisant laisse moins de possibilités d’ajustement.
Au suivi mensuel, relevez les sommes effectivement épargnées, les soldes de dettes, les provisions utilisées et les nouvelles dépenses récurrentes. Tous les trois mois, comparez la mise de fonds disponible au montant qui aurait dû être atteint à cette date.
Il est utile de définir un seuil d’écart personnel. Un couple pourrait décider, à titre d’exemple, qu’un retard supérieur à 10 % de son objectif d’épargne trimestriel impose une révision complète. Ce seuil est une règle de pilotage choisie par le ménage, non une norme réglementaire.
Certaines situations exigent une intervention immédiate : perte ou changement d’emploi, évolution des revenus, hausse du coût du crédit, nouvelle dette, dépense exceptionnelle ou révision du prix immobilier recherché.
Votre contrôle financier en cinq actions concrètes
- Rassembler les revenus nets et les dépenses des trois derniers mois; produire un tableau indiquant le surplus mensuel réellement disponible.
- Inscrire toutes les dettes, leurs soldes, leurs taux et leurs paiements minimaux; obtenir une liste d’endettement à jour.
- Recenser les dépenses annuelles non mensualisées et calculer leurs provisions; conserver un budget mensuel corrigé.
- Fixer une cible de mise de fonds et des frais d’achat, puis soustraire l’épargne déjà réservée; établir un montant restant à financer.
- Comparer la trajectoire prévue à la trajectoire réelle et noter la prochaine correction; produire un bilan trimestriel daté avec une décision concrète.
La révision peut déboucher sur trois choix : augmenter l’épargne si le budget le permet, rechercher une propriété moins coûteuse ou reporter l’achat. Reporter le projet n’est pas nécessairement un échec; cela peut éviter d’accumuler des dettes simplement pour respecter une date.
Si deux mois de retard sont constatés, il faut recalculer le montant mensuel nécessaire sur la durée restante. Cette mise à jour évite de conserver artificiellement un objectif devenu incompatible avec les ressources disponibles.
La préparation d’un achat ne se limite cependant pas au budget. Le dossier de crédit et les critères d’admissibilité hypothécaire demandent leur propre vérification.
Pourquoi la banque dit non alors que votre cote de crédit est « bonne » mais votre dossier est instable ?
Une bonne cote de crédit ne garantit pas l’approbation d’une hypothèque. Le prêteur examine également la stabilité et la preuve des revenus, les paiements de dettes, les frais de logement et l’origine de la mise de fonds. Un dossier présentant des variations importantes ou des engagements trop élevés peut donc être refusé malgré une cote satisfaisante.
La cote synthétise certains éléments du comportement de crédit. Elle n’indique pas, à elle seule, combien le ménage peut consacrer au logement ni si les revenus déclarés sont suffisamment documentés pour le prêteur.
Dans ses critères de préparation à une hypothèque présentés par l’Agence de la consommation en matière financière du Canada, l’organisme décrit notamment l’examen du revenu avant impôts, des dettes, des dépenses et du dossier de crédit.
Deux mesures servent couramment à apprécier la capacité d’emprunt : le coefficient d’amortissement brut de la dette (ABD), qui rapporte les frais de logement admissibles au revenu brut, et le coefficient d’amortissement total de la dette (ATD), qui ajoute les autres engagements admissibles.
39 % et 44 %
Repères indicatifs présentés par l’Agence de la consommation en matière financière du Canada : 39 % pour l’ABD et 44 % pour l’ATD. Les prêteurs appliquent leurs critères et ces ratios ne garantissent pas une approbation.
Agence de la consommation en matière financière du Canada, préparation à une hypothèque.
Si les 80 000 $ représentent le revenu brut annuel total du ménage, ils correspondent à environ 6 666,67 $ par mois avant impôts. Les ratios servent alors à examiner les charges admissibles à partir de cette base, et non à calculer directement un prix d’achat autorisé. Les taxes foncières, les frais de chauffage, certaines charges de copropriété, les autres dettes et les conditions du prêt doivent notamment être pris en compte.
Le prêteur peut également appliquer un test de résistance afin de vérifier la capacité de paiement à un taux de qualification plus élevé que le taux contractuel. Cela explique pourquoi un paiement hypothécaire qui paraît abordable dans le budget peut néanmoins dépasser les critères d’admissibilité.
Pour un travailleur autonome ou un salarié dont les revenus ont récemment changé, la documentation des revenus peut demander une attention supplémentaire. La nature des preuves exigées dépend du prêteur et du dossier.
La provenance de la mise de fonds doit aussi pouvoir être justifiée. Des dépôts inhabituels, des transferts entre comptes ou des fonds reçus d’un tiers peuvent nécessiter des explications et des pièces justificatives. Il n’existe pas dans les sources présentées ici de période universelle permettant de garantir qu’un historique documentaire sera suffisant pour tous les prêteurs.
Quelques mois avant la demande envisagée, mieux vaut limiter les nouveaux emprunts non nécessaires, éviter de multiplier les changements de comptes sans conserver les justificatifs et documenter les mouvements importants. Regrouper des fonds peut faciliter la lecture, mais ne remplace pas la preuve de leur provenance.
La traçabilité de l’épargne doit aussi être assurée à l’intérieur des comptes enregistrés. Pour le CELI, une erreur de suivi peut même créer une obligation fiscale inattendue.
Comment suivre votre plafond CELI quand vous avez 2 comptes et des retraits dans l’année ?
Les droits de cotisation au CELI sont calculés pour une personne, tous comptes confondus. Si vous détenez deux CELI, vous devez additionner les cotisations et les retraits effectués dans chaque institution. Un retrait ne reconstitue pas immédiatement vos droits : les sommes retirées s’ajoutent normalement à vos droits seulement le 1er janvier suivant.
L’erreur fréquente consiste à considérer chaque CELI comme un compte possédant son propre plafond. Pourtant, deux institutions financières ne signifient pas deux enveloppes fiscales distinctes. Une personne qui utilise la totalité de ses droits dans un établissement ne peut pas recommencer à cotiser dans un autre simplement parce que le second compte affiche un solde faible.
Selon les explications de l’Agence du revenu du Canada sur les retraits d’un CELI, les retraits de l’année deviennent généralement de nouveaux droits au début de l’année civile suivante. Une nouvelle cotisation dans l’année du retrait n’est possible sans excédent que si des droits inutilisés restent disponibles.
Prenons un exemple hypothétique. Une personne ne possède plus aucun droit de cotisation disponible. Elle retire 5 000 $ de son premier CELI en juillet. Si elle verse ensuite ces 5 000 $ dans son deuxième CELI en septembre de la même année, elle crée normalement un excédent de 5 000 $, car le retrait ne lui redonne pas encore ces droits. En revanche, un transfert direct admissible effectué entre institutions peut suivre des règles différentes et ne doit pas être confondu avec un retrait suivi d’une nouvelle cotisation.
Les cotisations excédentaires peuvent entraîner un impôt de 1 % par mois sur l’excédent le plus élevé du mois, selon les conditions applicables. Le plafond annuel général de cotisation au CELI pour 2026 est de 7 000 $ CAD, mais vos droits personnels peuvent être très différents selon votre historique.
Le plus fiable est de conserver votre propre registre et de le rapprocher des informations du service Mon dossier de l’ARC. Les données affichées par l’Agence peuvent être décalées, notamment parce que les institutions déclarent les opérations après la fin de l’année.
Un tableau personnel simple peut contenir la date, l’institution, le type d’opération, le montant et les droits disponibles recalculés. Inscrivez immédiatement chaque nouvelle opération et conservez les confirmations.
Lorsque l’achat approche, pensez également aux règles de retrait des placements eux-mêmes : un compte fiscalement accessible peut contenir des produits qui ne sont pas immédiatement liquides ou dont la vente entraîne une perte.
Cette discipline fiscale prépare la dernière décision : déterminer s’il est judicieux d’immobiliser une partie du surplus dans un REER pour bénéficier d’une déduction avant l’achat.
À retenir avant votre prochaine cotisation REER
- Calculez les liquidités nécessaires à la mise de fonds, aux frais d’achat et aux dépenses suivant l’emménagement avant de chercher une économie fiscale.
- Vérifiez les droits REER personnels de chaque membre du couple et la province d’imposition : le revenu du ménage ne suffit pas à calculer la déduction.
- Considérez un remboursement d’impôt attendu comme une rentrée future incertaine dans son calendrier, et non comme de l’argent immédiatement disponible.
Combien cotiser à votre REER pour économiser 1 500 $CAD d’impôt sans manquer de liquidités ?
Pour viser une économie d’impôt de 1 500 $ CAD grâce au REER, divisez ce montant par votre taux marginal d’imposition estimé, puis vérifiez le résultat selon votre revenu imposable et votre province. Le calcul donne un point de départ, pas une garantie. La cotisation doit surtout rester compatible avec les liquidités nécessaires à votre achat immobilier.
Le REER permet, sous réserve des règles et des droits disponibles, de déduire certaines cotisations du revenu imposable. L’économie d’impôt dépend donc du taux applicable aux dollars de revenu effectivement déduits, et non simplement du revenu brut annuel du ménage.
Par exemple, dans une simulation strictement hypothétique où tous les dollars déduits produiraient une économie au taux marginal combiné de 30 %, la cotisation donnant une réduction d’impôt estimée à 1 500 $ serait :
1 500 $ ÷ 0,30 = 5 000 $ CAD.
Avec un taux marginal hypothétique de 40 %, le même objectif donnerait 3 750 $. Ces exemples ne représentent pas les taux fiscaux applicables à une province ou à un revenu précis. Ils supposent également que toute la déduction produit l’économie au même taux marginal, ce qui n’est pas toujours le cas lorsque plusieurs tranches de revenu sont traversées.
La première vérification concerne vos droits REER personnels disponibles, notamment ceux indiqués dans les renseignements fiscaux de l’ARC. Des droits inutilisés peuvent être reportés, mais leur disponibilité doit être confirmée avant toute cotisation. Le revenu de 80 000 $ du ménage ne permet pas, à lui seul, d’établir les droits de chacun.
La deuxième vérification concerne la trésorerie. Si une cotisation de 5 000 $ vous oblige à utiliser votre marge de crédit pour une facture ou à reporter des dépenses nécessaires à l’achat, l’avantage fiscal ne règle pas le problème de liquidité. Même si l’argent du REER pourrait éventuellement servir au RAP, ce retrait reste soumis aux conditions du programme et à ses obligations futures.
Une cotisation REER effectuée pendant les 60 premiers jours suivant la fin d’une année civile peut, selon les règles applicables, être déduite pour l’année précédente. Il est également possible de reporter l’utilisation d’une déduction admissible à une année ultérieure. Ce choix peut avoir un intérêt si le taux d’imposition futur est plus élevé, mais doit être évalué selon l’ensemble de la situation fiscale.
Avant de cotiser, comparez donc deux scénarios : l’un où l’argent demeure liquide pour l’achat et l’autre où il entre dans le REER avec un éventuel bénéfice fiscal et les contraintes de retrait associées. Vérifiez aussi si le CELIAPP constitue une solution admissible mieux adaptée au projet.
Votre prochaine action consiste à établir un tableau unique indiquant votre revenu net, les dettes, les provisions, les droits de cotisation, l’épargne disponible et le montant nécessaire à l’achat. Vous pourrez ensuite comparer plusieurs dates et budgets d’acquisition avec un professionnel qualifié, sans présumer qu’un compte ou un produit financier est indispensable.
Un revenu annuel de 80 000 $ CAD suffit-il pour acheter une maison au Canada ?
Pas nécessairement. Il faut déterminer s’il s’agit du revenu brut individuel ou du revenu total du ménage, puis examiner les dettes, les frais de logement, la mise de fonds et les taux hypothécaires applicables. La banque utilise également des critères d’admissibilité et un test de résistance. Un revenu donné ne correspond donc pas automatiquement à un prix maximal garanti.
Quels frais faut-il prévoir en plus de la mise de fonds ?
Selon la propriété et la province, prévoyez notamment les frais juridiques ou de notaire, l’inspection éventuelle, les taxes et droits liés au transfert, les ajustements à la transaction, le déménagement et certaines dépenses d’installation. L’assurance prêt hypothécaire peut aussi entrer en jeu selon le financement. Les montants doivent être évalués localement plutôt qu’estimés à partir d’un pourcentage universel.
Est-il préférable de rembourser toutes ses dettes avant d’acheter ?
Pas systématiquement. Les dettes à taux élevé méritent généralement d’être priorisées, tandis qu’une dette à taux plus faible peut parfois être conservée si ses paiements restent compatibles avec le budget et l’admissibilité hypothécaire. Le coût du crédit, les échéances et le niveau de liquidités sont déterminants.
Faut-il arrêter complètement d’épargner pour la retraite pendant les 24 mois précédant l’achat ?
Il n’existe pas de réponse universelle. Le couple doit comparer ses besoins de liquidités, ses dettes, sa progression vers la mise de fonds et les avantages éventuels d’un régime de retraite employeur. Une réduction temporaire de certaines cotisations peut être envisagée, mais elle doit tenir compte de ses conséquences à long terme.
Que faire si le montant de mise de fonds prévu n’est pas atteint après 18 mois ?
Recalculez le montant restant à accumuler, les liquidités à préserver et l’effort mensuel nécessaire pour les six derniers mois. Si celui-ci exige de nouvelles dettes ou compromet le fonds d’urgence, envisagez une propriété moins coûteuse ou un report de la date d’achat. Le plan doit rester compatible avec la situation financière réelle.